Définitions de l'alimentation durable

Un système alimentaire inclut « tous les processus impliqués dans l’alimentation d’une population, ce qui comprend les intrants nécessaires, ainsi que les produits et services générés à chaque étape de la chaîne de valeur. Les systèmes alimentaires opèrent dans un contexte social, politique, économique et environnemental donné, qui les influencent en retour » (Goodman, 1997).

Qu’entend-on alors par « alimentation durable » ou pour être plus précis et tenir compte de l’ensemble des processus impliqués, par « système alimentaire durable » ?

Au niveau international, deux définitions, parmi d'autres, font référence : celle donnée par le Sustainable Food Laboratory et celle de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

  • « Un système alimentaire durable garantit le droit à l’alimentation, respecte le principe de la souveraineté alimentaire, permet à tous, partout dans le monde, de disposer d’une alimentation saine et suffisante à un prix accessible, et veille à ce que le prix final d’un produit reflète non seulement l’ensemble des coûts de production, mais qu’il internalise aussi tous les coûts externes sociaux et environnementaux. Il utilise les matières premières et les ressources (en ce compris le travail et les ressources naturelles telles que les sols, l’eau et la biodiversité) “at their rate of recovery” et respecte les différentes facettes de la culture alimentaire. Tous les acteurs de la chaîne alimentaire et les autorités doivent contribuer à réaliser un tel système alimentaire durable. » (Sustainable Food Laboratory).
  • « Les régimes alimentaires durables sont des régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l'environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu'à une vie saine pour les générations présentes et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d'optimiser les ressources naturelles et humaines. » (FAO, 2010).

Au niveau de la Wallonie, plusieurs groupes d’acteurs ont travaillé sur la question de manière différenciée. En juin 2017, une initiative plus globale, portée par les pouvoirs publics, a été lancée dans le cadre de la deuxième stratégie de Développement durable. Elle vise à élaborer un « référentiel alimentation durable » wallon de manière participative en incluant des représentants de l’ensemble des parties prenantes.

Quelle que soit l’échelle, il apparaît de manière constante que pour être durable, un système alimentaire doit pouvoir répondre à un ensemble de défis et parmi ceux-ci :

  • garantir l’accès de tous à une alimentation suffisante, de qualité et adéquate qui réponde aux besoins essentiels de l’individu et contribue à son bien-être ;
  • contribuer à la santé des producteurs et consommateurs (aliments sains, équilibrés, diversifiés)
  • respecter l’aliment, les traditions et savoirs culturelles alimentaires et procurer du plaisir (goût, convivialité, fierté) ;
  • développer un système économiquement performant et équitable, pourvoyeur d’emplois de qualité, fondé sur le savoir-faire et ancré dans le territoire ;
  • préserver l’environnement à toutes les étapes de la chaîne alimentaire (en termes de consommation de ressources et d’énergie, de climat, de sol, d’eau, de biodiversité, d’air, de bien-être animal, de déchets…) ;
  • être résilient et avoir une gouvernance basée sur les principes de participation, de collaboration, de transparence et de transversalité.

Différentes notions en lien avec l'alimentation durable méritent ainsi d'être explicitées:

Le droit à l'alimentation constitue, selon Olivier De Schutter (rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation de 2008 à 2914), « le droit d’avoir un accès régulier, permanent et non restrictif, soit directement ou au moyen d’achats financiers, à une alimentation quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante correspondant aux traditions culturelles du peuple auquel le consommateur appartient, et qui lui procure une vie physique et mentale, individuelle et collective, épanouissante et exempte de peur ».

Le concept de souveraineté alimentaire représente quant à lui le droit des populations et des pays de définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles.
La souveraineté alimentaire inclut, selon le Mouvement paysan international Via Campesina  :

  • la priorité donnée à la production agricole locale pour nourrir la population, l’accès des paysan(ne)s et des sans-terres, à la terre, à l’eau, aux semences et au crédit ;
  • le droit des paysan(ne)s à produire des aliments et le droit des consommateurs à pouvoir décider ce qu’ils veulent consommer et par qui et comment l’aliment est produit ;
  • le droit des Etats à se protéger des importations agricoles et alimentaires à trop bas prix ;
  • des prix agricoles liés aux coûts de production ;
  • la participation des populations aux choix des politiques agricoles ;
  • la reconnaissance des droits des paysannes, qui jouent un rôle majeur dans la production agricole et l’alimentation.

La sécurité alimentaire constitue la possibilité physique, sociale et économique pour tous les êtres humains, de se procurer, à tout moment " une nourriture suffisante, saine/sûre et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins (nutritionnels) et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active." (Comité de la Sécurité alimentaire mondiale). Elle comporte quatre dimensions ou "piliers" :

  • l'accès (capacité de produire sa propre alimentation et donc de disposer des moyens de le faire, ou capacité d'acheter sa nourriture et donc de disposer d'un pouvoir d'achat suffisant pour le faire) ;
  • la disponibilité (quantités suffisantes d'aliments, qu'ils proviennent de la production intérieure, de stocks, d'importations ou d'aides) ;
  • la qualité (des aliments et des régimes alimentaires des points de vue nutritionnel, sanitaire, mais aussi socio-culturels) ;
  • la stabilité (des capacités d'accès et donc des prix et du pouvoir d'achat, des disponibilités et de la qualité des aliments et des régimes alimentaires).

Les acteurs

Au sein d’un système alimentaire, les acteurs sont nombreux et diversifiés. Au niveau de la « chaîne de valeur alimentaire » à proprement parler, on distingue généralement  : ceux qui produisent la matière première, ceux qui la transforment, ceux qui distribuent et commercialisent les produits, ceux qui les préparent et, au terme du processus, ceux qui les consomment.

D’autres acteurs gravitent également autour de cette chaîne de valeur et l’influence : les pouvoirs publics, le monde associatif, les acteurs de la recherche et de la formation, etc.

Progresser vers un système alimentaire durable nécessite d'impliquer l’ensemble de ces acteurs qui détiennent chacun d'importants leviers d'action.

système alimentaire
Source: Transition-alimentaire.org

 

Des réalisations concrètes

Le référentiel alimentation durable wallon