23.05.22

Comment intégrer l’alimentation durable dans ses activités quand on est un centre de formation ? Le centre IFAPME de Mons s’est posé la question. Découverte de ce projet complet avec Jean-Pierre Estievenart, formateur en maraîchage bio et coordinateur du projet « Alimentation Durable ».

A Mons, le centre IFAPME a mis en œuvre plusieurs actions grâce à un subside pour l’aider à créer un « laboratoire d’activités innovantes en alimentation durable ». Mais qu’est-ce que c’est ? 

 

Dans le Borinage, ce lieu centre offre déjà plus de 50 formations continues ou en alternance dans des secteurs tels que l’horeca, l’alimentation, la construction et l’écoconstruction, les soins aux personnes, le commerce et les services... Chaque année, plusieurs centaines de personnes, de jeunes, de demandeurs d’emplois, de travailleurs ou encore d’entrepreneurs suivent donc une formation à Mons. Sur le site, un espace est également dédié à l’agriculture et à l’alimentation durable.

Maraichage bio formation IFAPME Mons

« Nous proposions déjà une formation en maraîchage bio depuis 2017 et disposions donc d’une serre de 140m² environ, ainsi que d’un potager extérieur de 600 m² », explique Jean-Pierre Estievenart, coordinateur du projet. « Mais nous voulions aller plus loin, car il y a un besoin dans la région d’offrir plus d’initiatives en alimentation durable. Grâce au soutien de la Région, et en particulier de la Direction du Développement durable du SPW, nous avons mis en place plusieurs actions autour de trois axes : la formation, la recherche et le développement, les partenariats », ce qui en fait un véritable laboratoire.

Se former en lactofermentation et en travail du fer

Le centre a développé de nouvelles formations pour encourager l’alimentation durable. « Une formation en travail du fer destinée aux maraichers bio et aux métiers de l’horticulture a été conçue. Ces professionnels ont appris à réaliser ou réparer eux-mêmes leurs outils, comme leur grelinette ou leur houe maraîchère. Le but est de les rendre plus autonomes et de stimuler la création d’outils sur mesure adaptés à chaque exploitation ».

Et l’alimentation durable ne se résume pas à faire pousser de bons légumes… il faut également pouvoir les cuisiner en saison ou les garder pour les consommer plus tard. « Nous avons mis sur pied une formation de 12 heures en « technique de conservation de légumes » qui est un réel succès. Les étudiants y découvrent tout un panorama de transformations culinaires visant à conserver les légumes sur une longue période ». Au menu : lactofermentation, pickles, stérilisation…  

Sensibiliser les personnes en formation et les enfants

Parmi les missions que s’est donné le centre IFAPME de Mons, il y a aussi la sensibilisation des étudiants à l’Horeca. « Cuisiner ou créer des menus avec des légumes de saison issus de notre potager nécessite de réfléchir un peu différemment. Il y a tout un apprentissage autour du calendrier des cultures. C’est un vrai défi de mettre des légumes de saison dans la formation des cuisiniers car le calendrier de production de nos cultures ne correspond pas nécessairement au planning de leur formation. Et puis, il y a le manque de connaissance de certains légumes comme le pourpier ou le chou kale. Il faut expliquer ce que c’est aux apprenants et parfois aussi aux formateurs », raconte Jean-Pierre Estievenart.

Les enfants des écoles primaires de la région de Mons ont également été sensibilisés. « Cela a été un peu plus compliqué en période de covid. Mais nous avons reçu quelques enfants pour des animations. En une journée, ils voient le cycle du champ à l’assiette : ils récoltent des légumes dans notre potager didactique, puis préparent ces légumes ».

Espace test pour maraîcher bio

Le centre de Mons contribue également à un autre projet pour aider les futurs maraîchers : la création d’un espace-test à La Louvière. Sur cette parcelle, des maraîchers en devenir peuvent s’essayer au métier, commencer à produire et rôder leur projet en ayant accès à du matériel. « Nos formateurs, professionnels en maraîchage, conseillent et encadrent la création de cet espace- test. Et il se peut que des maraîchers formés chez nous testent leur projet là-bas aussi », conclut Jean-Pierre Estievenart. La boucle est bouclée. L’ensemble du projet constitue bien un réel laboratoire pour s’essayer à l’alimentation durable !