27.11.23

La science et les faits ne suffisent pas toujours. Nous avons besoin de valeurs, d’imagination, du beau, du lien, du récit que portent les artistes. La conscience de la responsabilité écologique du secteur de la création artistique ne cesse de grandir et donne déjà lieu à des transformations importantes des imaginaires. Comment les préoccupations en matière de durabilité sont-elles interprétées dans la littérature et la poésie ? Comment la fiction peut-elle contribuer à la sensibilisation aux questions de climat et de biodiversité ?

Il y a trente ans, en 1993, le Conseil national, devenu depuis le Conseil fédéral du développement durable, était créé. Pour célébrer cet anniversaire, un événement était organisé ce 23 novembre sur le thème « Durabilité et climat dans la culture ». Deux auteurs néerlandophones et deux auteurs francophones sont venus témoigner à cette occasion de leur conscience écologique et lire quelques poèmes ou textes issus de leur propre œuvre.

Geert Buelens (université d’Utrecht, NL) est venu rappeler, à l’aide d’exemples, les fonctions de la fiction climatique : vecteur de transfert de connaissances, vecteur de conscience de la bonne vie, vecteur de beauté, vecteur d’empathie, vecteur de perspective aussi.  

Caroline Lamarche a souligné à quel point le récit s’imprègne en nous par une forme. Évoquant tour à tour, Tchekhov et ‘La cerisaie’, Maurice Genevoix, Giono, Henri Michaux et son ‘Iceberg’, Olga Tokarczuk et ‘Dieu, le temps, les hommes et les anges’, elle présente aussi son livre intitulé Dix ans, parlant de son enfance, du temps où les vaches portaient encore des prénoms et où les hérissons passaient dans son jardin. De livre en livre, Caroline Lamarche témoigne de l’interdépendance de toutes les créatures vivantes et d’une attention précoce et très vive aux problématiques environnementales : 

« Restons combatifs,  

restons lumineux,  

À la vie,  

à la mort,  

à l’espoir. » 

Moya De Feyter a présenté l’initiative des Klimaatdichters (Poètes du climat) qu’elle a lancée et qui rassemble désormais plus de 230 poètes de langue néerlandaise. Par des actions de protestation, des workshops et diverses propositions théâtrales : « On veut inspirer et inquiéter, nous sommes inflammables ». 

Enfin, Laurence Vielle, poète nationale de 2016 à 2018, a pris la parole. Pour elle, la poésie est oralité. Elle aime dire les mots, les faire sonner, les scander les rythmer. Après un texte saisissant sur les derniers jours de l’humanité (« On était stupéfaits d’être les derniers vivants »), elle a interprété un texte sur notre cohabitation avec les arbres, texte co-écrit avec Aurélien Dony. Avec son aimable autorisation, nous vous en proposons l’enregistrement vidéo. 

Entre les présentations, la soprano Elke Janssens, accompagnée au piano par Govaart Haché, a interprété des chansons sur la nature. 

L’événement fut aussi l’occasion pour la Ministre fédérale en charge du climat, de l’environnement, du développement durable et du green deal, Madame Khattabi, de remercier l’ancien président du Conseil, François-Xavier de Donnea, dont le mandat prenait fin le 30 juin dernier et d’accueillir le nouveau président, Patrick Dupriez.