Présentation des artistes

Découvrez les artistes sélectionnés lors de l'appel à candidatures artistiques lancé à l'occasion du Congrès Résilience, ainsi que les photographies proposées par le Centre culturel Ourthe et Meuse.

Ramper

Gravure par Valentin CAPONY, vidéo de la performance par Jonas BUKOWSKI

" J’aimerais donc interroger cette crise environnementale qui nous guette, à travers l’action de ramper. Ramper, c’est ressentir le poids du monde, c’est se savoir en danger, épuisé, perdu. Mais c’est aussi continuer à croire, à avancer coûte que coûte au-devant des aléas et de l’avenir. Celui qui rampe ne s’est pas encore rendu. Celui qui rampe n’a pas encore dit non. C’est ce dernier geste d’espoir et d’espérance que j’aimerais cristalliser. Le poids qui nous écrase, c’est cette humanité qui détruit son environnement, qui se condamne, endurant des violences météorologiques toujours plus fréquentes et c’est également la planète, la faune, la flore, les océans qui se délabrent, cette nature au bord de l’abîme. Malgré ce poids, avançons ! Avançons au-devant du monde et des défis de demain. Pour se sauver, l’humanité et la planète doivent s’unir, ne pas s’abandonner. Lutter. Même à terre, rampons en direction de la lumière, de l’espoir, de demain. "

Ramper V. Capony

 

Valentin Capony est né à Lyon en 1990.

En 2008, il commence ses études à l’Ecole Supérieure d’Art et de design de Saint-Etienne, en France, d’où il sera diplômé du DNAP en 2011.

En 2012, il part en Chine dans le cadre d’un échange bilatéral pour étudier à la Great School of Fine Arts de Nanjing. Cet échange lui permettra, entre autres, de s’initier à la gravure et à la philosophie chinoise.

En 2013, il reprend ses études à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles en option gravure dans l’atelier de Thomas Amerlynck où il obtient son Master 2.

Son travail est désormais principalement axé autour des techniques de la gravure et de l’impression et à été récompensé par plusieurs prix, dont le premier prix de la Jeune Gravure Européenne, KOMASK à Anvers et le prix Academia Belgica à Rome.

Il travaille actuellement à Bruxelles, en Belgique, et expose dans plusieurs pays.

Issu d’une double formation universitaire en Philosophie et Etudes cinématographique à l’ULB, Jonas Bukowski intègre l’Institut des Arts de Diffusion en 2009 pour se former à l’écriture de scénario.

Il prolonge son apprentissage cinématographique à l’université de Montréal où il écrit et réalise son premier court-métrage expérimental : « Technoscopie », un film à destination du smartphone où il questionne l’articulation du corps et de la technologie.

Vidéaste professionnel depuis 2015, Jonas Bukowski alterne les films de commandes et les collaborations artistiques, au travers de captations de performances notamment avec Pierre Lizin (Le Cocon de la Folie) ou Julia Liedel (Nothing is the same).

La nature n’existe pas

Poème de réalité augmentée par Maxime COTON et Jamil MEHDAOUI

« La nature n’existe pas » se présente comme une œuvre en réalité augmentée, à expérimenter à travers le prisme d’un Smartphone. C’est un poème qui s’arpente, une sculpture qui se contemple, dans l’espace virtuel de nos imaginaires. L’installation interactive nous invite à réinventer notre rapport au vivant, pour mieux répondre aux défis de demain.

Maxime Coton est né à La Louvière (Belgique), en 1986. Il se consacre à la littérature sous différentes formes et divers supports car, selon lui, les livres sont nécessaires mais pas suffisants.

Architecte, artiste préoccupé par la question de la genèse spatiale. Il produit essentiellement des installations éphémères de leur conception à leur réalisation, de l'échelle de la galerie à celle du territoire. Depuis plusieurs années, il développe des environnements immergés dans la réalité virtuelle.

Nou

Vidéoprojections noir & blanc par Aurélie BELAIR

Le projet NOU (2021) est un dispositif de trois vidéoprojections, composé de cinq tableaux. Il perpétue des actions performatives révolues et fait l’éloge du ralentissement. Les expériences menées, dont l’image est empreinte, interrogent nos relations. La rencontre avec l’invisible qu’il soit le monde animal (le vivant qui traverse le visible en s’y cachant), le monde naturel (disparu au profit d’une nature naturante), ou le monde des esprits (la chose en attende d’être nommée) maille une pratique d’attention. S’il apparait que tous les corps terrestres prennent la forme de ce que l’on ne s’est pas attelé à ménager, mettant en lumière nos irrésolus, on peut considérer que l’ensemble de nos crises se rejoint dans une seule : une crise du sensible. Dé-conquérir le monde symbolique du mot pour emprunter le territoire, commun aux êtres, du langage SENSible offre la possibilité d’un dénouement du noeud en nous et par conséquent, d’un apaisement des cohabitations.

Aurélie Belair (née en 1987, en France) vit et travaille à Bruxelles (Be) et en Bourgogne (Fr).

Elle est diplômée de L’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Dijon en 2009.

Récemment son travail a été exposé en Belgique au Musée en Plein Air du Sart Tilman (2020) et à Komplot (2021).

Aurélie Belair installe une pratique aux frontières de la sculpture, la vidéo et la peinture, que la critique d’art Laure Jaumouillé qualifie de « préhistoire du discours ».

Elle présente, à l’occasion du Congrès Résilience de Mons, un triptyque vidéo (NOU, 2021) qui invite au prendre soin pour s’engager dans de nouvelles façons d’être au monde. « Les animaux savaient (...), que le fait d’exprimer qu’on est chez soi par une odeur ou un son (...) ou en faisant vibrer les choses, par une façon de fendre le ciel ou de danser dans l’eau, par une manière de creuser la terre ou de tisser une toile pourrait changer pas mal de choses. » - Le chez-soi des animaux, Vinciane Despret, Actes Sud, 2017.

Que reste-t-il ?

Performance, Aurélien DONY (metteur en scène) avec le collectif Espaces Vers

Que reste-t-il des friches et des forêts où l’on jouait sans fin ? Que reste-t-il des rivières claires où nous construisions nos barrages ? Que reste-t-il de ces espaces au grand air où les enfants avaient tout le loisir d’établir leur forteresse ? Que reste-t-il de nos cabanes ?

Les causes de ces lentes disparitions sont multiples (intensification du trafic en ruralité, implantation de zonings industriels, de projets immobiliers, raréfaction des friches au profit de l’exploitation agricole…) mais force est de constater que les paysages sont de plus en plus défigurés par les projets industriels, commerciaux ou immobiliers. La Wallonie aura demain à défendre ses paysages, ses forêts, ses cours d’eau si elle tient à préserver ce qui fait sa richesse et sa diversité.

Le collectif Espaces Vers vous propose une performance où danse, musique et poésie s’entremêlent pour faire entendre la voix des paysages wallons. Après avoir interviewé des femmes, des hommes et des enfants à travers toute la Wallonie et après avoir questionné leur rapport à leur environnement, aux paysages qui les ont vu grandir, le collectif porte la voix d’un monde où arbres, fleuves et collines épousent le chant de nos partitions intimes, de nos histoires d’enfance.

Le metteur en scène Aurélien DONY sera accompagné des comédien.ne.s Charlotte SIMON, Lauriane PLANCHE, Alice MOTTOUL, Yvan RAMI et du musicien Jérôme PAQUE. Il sera assisté pour la mise en scène par Nathalie De MUIJLDER. 

Né à Dinant en 1993.

Après un régendat en français-morale, Aurélien entre au Conservatoire royal de Bruxelles en 2015.

Il représente la Belgique francophone au festival international de poésie de Trois-Rivières en 2013, lors du Festival poétique transfrontalier en 2018 et au Québec en mars 2020 lors d’un échange poétique entre Namur et Québec.

En janvier 2020, il donne un module d’écriture en tant que conférencier aux étudiants de master au Conservatoire royal de Bruxelles.

Il est l’auteur de plusieurs recueils et s’est vu octroyer le Prix Georges Lockem 2013 pour le recueil Puisque l’aube est défaite et le Prix Geneviève Grand’Ry pour le recueil inédit Terre Silence.

Il a plusieurs mises en scène à son actif : A-vide, création avril 2020, avec le soutien du centre culturel de Dinant et du Centre des Arts Scéniques (pièce jouée au Théâtre Poème, mars 2020) ; J’aimerais mourir sous un orme, création aux Riches-Claires, Bruxelles, septembre 2021 (ouverture de saison).

Le turbo(t)

Docu-fiction (2021), Marie BETBEZE (réalisatrice) & Muriel DURANT (conteuse)

Cet objet sonore et conté tresse les témoignages de personnes sinistrées en juillet 2021, avec un récit issu de la tradition orale. S’entrelacent ici le personnel et le collectif, la fiction et le documentaire, la parole offerte et la nécessité de faire mémoire.

Marie Betbèze est réalisatrice sans limitation de genre : la radio comme le cinéma, la photographie, l’écriture.

Conteuse et exploratrice de la parole, Muriel Durant joue avec les mots et les assemble en récits passeurs d’émotions, de rêves et de revendications.

Avec la contribution exceptionnelle du Centre culturel Ourthe et Meuse

Le Centre culturel Ourthe et Meuse a spontanément proposé aux organisateurs du Congrès résilience d’exposer en primeur Inattendu ! C’est le regard qu’un photographe -GOLDO- porte sur les inondations de juillet 2021. Ces clichés serviront de base à diverses animations qui seront proposées ultérieurement par le Centre culturel. 

Le jeudi 15 juillet 2021, de la fenêtre de son appartement, GOLDO (Dominique HOUCMANT) a immortalisé des voisins qui fendaient l’eau pour sortir de chez eux. Dès qu’il a pu accéder à un sol sec, il a sillonné les rues, retroussé ses manches afin d’aider là où il pouvait être utile. Toujours muni de son appareil, il a choisi de rendre hommage au courage et à la force des uns et des autres qui subissaient de plein fouet les conséquences de ces inondations inattendues. Ses clichés racontent et permettent aux personnes traumatisées par ce qu’elles ont vécu, de dire la peur, l’étonnement, la fatigue, les aides, les rencontres et le nécessaire courage de chaque matin pour ne pas se laisser gagner par la tristesse et le pessimisme.

" Nous travaillons prioritairement dans les quartiers d’Angleur et Sclessin et développons une action intensifiée à Liège avec les autres centres culturels liégeois. Nous proposons des activités et projets artistiques avec les citoyens : ateliers peinture, accordéon, danse, chant, arts plastiques, expositions, apprentissage du français au travers de l’art, récits, mémoire collective, spectacles, concerts, … Nous rencontrons fréquemment les enseignants et les enfants des écoles autour de démarches artistiques et citoyennes. Nous veillons à une attention particulière envers les personnes plus isolées. Nous nous réjouissons de chacune des rencontres artistiques et citoyennes avec des associations du quartier, avec des familles, avec des hommes et des femmes d’ici et d’ailleurs. Chacun donne une part, chacun prend une part, chacun prend part (droits culturels). "

GOLDO (Dominique HOUCMANT) a constamment le regard tourné vers la vie. Il aime les gens et Liège et cela se sent au travers de ses photos. Ses clichés racontent la sensibilité et l’émotion du moment capté, pour notre plus grand plaisir. Il est avec celles et ceux qu’il immortalise. C’est cela qui lui permet d’être dans l’intime et de toujours être bien accueilli par ses modèles qui ont compris la délicatesse avec laquelle il leur propose d’être immortalisés.