L’Atelier Constant Berger : un modèle de développement durable en Wallonie
En matière de relocalisation de l'alimentation en Wallonie, notre équipe mène des reportages à travers la Wallonie afin de mettre en lumière les projets issus de l'appel à projets lancé en 2023. Découvrez dès à présent notre reportage sur l'Atelier Constant Berger.Une vision née de valeurs partagées
L’Atelier Constant Berger, situé dans le pays de Herve, est bien plus qu’un simple centre de transformation de fruits. À l’origine du projet, Léandre Berger et son équipe ont voulu concilier leurs aspirations écologiques, leur désir d’entreprendre et leur formation économique. Leur ambition : encourager l’autoconsommation et relancer l’arboriculture haute tige en Wallonie, tout en promouvant un modèle agricole respectueux de l’environnement et résilient face aux défis futurs.
De la pomme au produit fini : un savoir-faire artisanal
L’atelier fonctionne comme un véritable artisanat de la pomme. Léandre Berger insiste d’ailleurs sur l’authenticité de la démarche :
« On est parti de A à Z : presser les jus, les conditionner en bouteille, l’élevage des cidres en cuve. La pomme rentre en tant que matériaux bruts et elle ressort en bouteille étiquetée. De vrais artisans de la pomme jusqu’au produit fini. »
Les fruits, issus exclusivement de vergers hautes tiges sans pesticides ni engrais de synthèse, sont pressés, embouteillés et transformés sur place. Pour le jus, seules les pommes locales sont utilisées, privilégiant le goût et la diversité variétale plutôt que l’esthétique ou la conservation industrielle. Le cidre, quant à lui, est élevé en cuve pendant plusieurs mois, garantissant une qualité et une authenticité rares sur le marché.

Un modèle économique centré sur la relocalisation et les circuits courts
La commercialisation des produits de l’Atelier Constant Berger repose principalement sur le B2B, avec une forte dépendance à la saisonnalité et à la capacité de production des vergers locaux. Malgré une demande supérieure à l’offre, l’atelier reste fidèle à ses valeurs : vendre un produit de qualité, porteur de sens, et soutenir une agriculture qui respecte la planète. Les clients, fidèles depuis le début, sont séduits autant par le goût que par l’engagement environnemental du projet.
« Nous n’avons pas de soucis de commercialisation, car nous sommes sur un produit régulièrement en rupture de stocks. On a un noyau dur de clients qui nous suivent depuis le début, mais on n’a pas ce besoin de chercher à vendre le produit, ce qui est une chance. On vend aussi du goût, mais également des valeurs : une agriculture qui ne défonce pas la planète. »
Un impact concret sur la relocalisation alimentaire en Wallonie
Le projet s’inscrit pleinement dans la dynamique de relocalisation de l’alimentation. En travaillant directement avec les producteurs locaux et en favorisant l’autoconsommation, l’atelier garantit la traçabilité et la qualité des matières premières. Ce modèle s’oppose à l’importation massive de jus de fruits, souvent issus de pays lointains, et contribue à la souveraineté alimentaire de la région.
Une agriculture extensive et respectueuse de l’environnement
L’Atelier Constant Berger mise sur une agriculture extensive, où pâturages et vergers cohabitent en symbiose. Ce système, sans intrants chimiques, favorise la biodiversité et la résilience des écosystèmes. Les vaches profitent de l’ombre des arbres, tandis que leur présence aide à protéger les vergers des ravageurs. Ce modèle, en phase avec les objectifs de neutralité carbone pour 2050, démontre qu’il est possible de produire autrement, sans dépendance aux énergies fossiles.
Les défis d’un secteur en mutation
Malgré son succès, l’atelier doit faire face à de nombreux obstacles, notamment la faible marge du secteur agroalimentaire et la pression économique exercée par l’agriculture industrielle. La valorisation des produits durables reste un défi, tant que les politiques publiques n’encouragent pas davantage la consommation responsable, à travers notamment des politiques de pénalisation à destination des pratiques agricoles non vertueuses ou des incitations à consommer plus « vert ». Néanmoins, l’Atelier Constant Berger prouve qu’un autre modèle est possible, alliant viabilité économique, respect de l’environnement et engagement social. Il témoigne également d’un désir politique, puisqu’il a bénéficié d’un subside via des fonds européens destinés à soutenir une série d’initiatives économiques durables et ancrées localement en Wallonie.
Conclusion
L’Atelier Constant Berger montre qu’une nouvelle voie en faveur d’un développement durable en Wallonie est tout à fait possible, et véritablement positive. À travers son engagement pour l’arboriculture haute tige, la relocalisation alimentaire et l’agriculture extensive, il offre un exemple inspirant de transition écologique et de résilience territoriale. Ce projet montre que, même à petite échelle, il est possible d’avoir un impact positif et durable sur notre environnement et notre société.