Les textiles dans les marchés publics responsables : quels outils et quelles implications ?

Les textiles dans les marchés publics responsables : quels outils et quelles implications ?

Les textiles dans les marchés publics responsables : quels outils et quelles implications ?

L'industrie textile a un impact environnemental significatif, de l'extraction des matières premières à l'élimination des produits. La production de vêtements consomme des ressources, émet du CO₂ et génère des déchets, contribuant à la pollution par les microplastiques.

L'impact environnemental des vêtements

Le cycle de vie d’un produit désigne les différentes phases que le produit traverse, depuis l’extraction des matières premières qui entrent dans sa composition jusqu’à son élimination. En effet, chaque produit que nous achetons et utilisons, suit ce qu’on appelle un cycle de vie.  

Tout au long de son cycle de vie, la création de vêtements consomme des ressources, demande un traitement et/ou une transformation qui peut émettre du CO2 (globalement, le textile représente jusqu’à 10 % des émissions mondiales de CO₂ - soit environ 4 milliards de tonnes), et implique le travail de personnes. Par conséquent, un produit textile a des impacts sociaux et environnementaux plus ou moins grands à chaque étape de son cycle de vie.

Découvrons les différents impacts environnementaux :

1. Les émissions de gaz à effet de serre (GES)

L’industrie textile représente à elle seule environ 10 % des émissions mondiales de CO₂, soit près de 4 milliards de tonnes par an1. La majorité de cette empreinte carbone provient de deux étapes clés :  

  • La production des fibres (coton, polyester et autres matières premières), étape consommatrice d’énergie et responsable d’une large part des émissions ;  

  • L’utilisation des vêtements, notamment lors du lavage, du séchage et du repassage, générant une part significative des GES sur tout le cycle de vie.  

Le transport, souvent mis en avant, reste en réalité une contribution plus marginale dans le bilan global d’un produit textile.

2. La pollution de l'eau et des milieux naturels

La fabrication textile, en particulier les étapes de teinture et de finition, rejette des milliers de substances chimiques dans les cours d’eau, souvent sans traitement préalable, ce qui dégrade durablement les écosystèmes aquatiques. Ces étapes sont responsables à elles toutes seules de 20% de la pollution mondiale d’eau douce. Par ailleurs, l’utilisation des vêtements synthétiques contribue fortement à la pollution de microplastiques : chaque lavage peut libérer jusqu’à 700 000 microfibres de plastique, qui échappent aux stations d’épuration, finissent dans les océans et se retrouvent dans la chaîne alimentaire.

3. La consommation d'eau, d'énergie et de produits chimiques

La production textile est très consommatrice en ressources, principalement lors de la fabrication des matières premières. Le coton, par exemple, nécessite environ 2 700 litres d’eau pour un seul t-shirt. Sa culture mobilise aussi pesticides et engrais, nocifs pour les sols et la santé des travailleurs, tandis que la transformation (blanchiment, teinture) rejette des produits chimiques dangereux dans l’eau et les milieux naturels. Enfin, la fabrication (filature, tricotage, teinture) est fortement énergivore, reposant encore largement sur les énergies fossiles, ce qui accroît les émissions de gaz à effet de serre.

4. La production de déchets

Chaque année, le secteur textile produit environ 92 millions de tonnes de déchets dans le monde, soit l’équivalent d’un camion-poubelle rempli chaque seconde, majoritairement issus de l’étape de fin de vie du produit. La plus grande part de ces déchets est incinérée ou mise en décharge. Seul 1 % des textiles usagés est effectivement recyclé en nouveaux vêtements. Les fibres synthétiques, non biodégradables, persistent parfois plusieurs siècles dans l’environnement. De plus, une part importante des invendus est détruite directement après la distribution, illustrant la logique de surproduction de la fast fashion.

Découvrons à présent les impacts sociaux

1. Les conditions de travail et la sécurité

L’impact social en termes de conditions de travail et de sécurité survient lors de la fabrication d’un produit textile. Les ouvriers de l’industrie textile, en particulier dans les pays producteurs et dans les chaines de production des marques occidentales et internationales, travaillent souvent dans des conditions précaires et d’insécurité, où les droits des travailleurs ne sont pas respectés. Malgré une prise de conscience accrue des consommateurs depuis une dizaine d’années, la pauvreté et la violation des droits demeurent dans les usines de production, avec des salaires très bas, des heures supplémentaires, et peu de progrès en matière de conditions de travail.

2. Le modèle économique, les bas salaires et l'exploitation

Le modèle de la mode rapide (fast fashion) repose sur une production de masse à bas coût. Il s’accompagne souvent de conditions de travail déplorables : ouvriers payés à bas salaires et une faible protection sociale, usines insalubres, exposition à des produits chimiques sans protection, voire travail des enfants. Les salaires locaux servent de variable d’ajustement pour maintenir des coûts ultra-compétitifs, au profit de marges importantes générées par les multinationales. Ce modèle économique de l’ultra fast fashion (ou mode ultra-rapide) exacerbe ces dérives, accélère la dégradation des droits sociaux tout en masquant l’impact humain.

Outils pour des marchés publics responsables d'acquisitions de produits de textiles

Pour mieux comprendre l’impact de la mise en place d’une Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) textile en Wallonie et identifier comment vos achats de textiles peuvent à la fois diminuer leur empreinte environnementale et renforcer leurs retombées sociales positives, cette sélection d’outils vous offre un accompagnement pratique et inspirant.  

Vous y trouverez des ressources pour déchiffrer les obligations liées à la REP textile, évaluer l’impact environnemental de vos produits grâce à l’outil Ecobalyse, décrypter les labels existants pour les vêtements avec un tableau comparatif clair afin de guider vos choix, et découvrir l’exemple inspirant de l’achat de vêtements de travail durables à l’hôpital universitaire de Gand :  

  • Décryptage de la responsabilité élargie des producteurs (REP) pour le textile ;  

  • Outil Ecobalyse pour évaluer l’empreinte environnementale des produits ; 

  • Labels pour les vêtements ;  

  • Bonne pratique : Achat de vêtements de travail durables à l’hôpital de Gand (Belgique).  

 

Bonne pratique - Achat de vêtements de travail durables à l’hôpital de Gand (Belgique).pdf
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Calculez le coût environnemental d’un produit – outil Ecobalyse.pdf
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La responsabilité élargie des producteurs (REP) pour le textile .pdf
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